Je fais partie d’un Institut religieux de femmes qui s’inspire de la spiritualité d’Ignace de Loyola, les Sœurs de Notre-Dame du Cénacle.

Fondée au XIXe siècle par sainte Thérèse Couderc (1805-1885), nous avons pour mission d’accompagner une expérience de Dieu : animation et formations spirituelles diverses, catéchèse, catéchuménat, prédication et animation de retraite, aumônerie, accompagnement spirituel, engagement dans la pastorale, etc.

Pour vous, qui est saint Ignace ?

Ignace de Loyola est l’homme qui, grâce au chemin qu’il a ouvert avec les Exercices spirituels, a inauguré une nouvelle manière de se rapporter à Dieu. Il introduit celle ou celui qui fait cette expérience à une forte personnalisation de la relation avec Dieu.

Ignace recommande à l’accompagnateur d’une retraite de « laisser le Créateur agir immédiatement avec sa créature et la créature avec son créateur et Seigneur ». Nous sommes là il me semble au cœur de la spiritualité ignatienne d’où découle le reste. Il faut saisir l’inouï de cela. En disant cela Ignace pose un principe fondamental de vie spirituelle : « l’homme peut expérimenter Dieu de façon immédiate ».

Cela a des conséquences fondamentales : tant que l’expérience consciente et reconnue de cette communication n’est pas vécue, le christianisme pour beaucoup reste abstrait, cérébral sans lien vital avec sa vie, ou une morale laissé à ces propres forces ou un cadre imposé de l’extérieur.

Qu’est-ce que la spiritualité ignatienne ?

C’est une école de décision dans la liberté : elle se découvre au plus profond du cœur. Elle n’est pas à chercher à l’extérieur de soi mais à l’intérieur selon les critères de la joie, la paix, la force, le bonheur durable.

L’expérience forte de Dieu, de son absolu, se traduit donc par un choix qui est action, service des hommes. Cela fait sortir de la dichotomie prière/action. La prière est louange et service de Dieu. L’action, choisie pour Dieu et vécue selon l’Esprit, est lieu d’union à Dieu, lieu où il se communique.

Sœur Michel Jeunet, rc