Florence est membre du Mouvement Chrétien des Cadres et dirigeants (MCC), engagée dans la direction d’entreprises et à la recherche de modèles de croissance vertueux.
Elle explique ce que la spiritualité ignatienne lui a fait découvrir.

Que vous apporte la spiritualité ignatienne ?

La spiritualité ignatienne dans ma vie quotidienne se traduit d’abord par des liens. Des liens aux équipages rapprochés qui ont composés chacune de mes aventures au long des déménagements professionnels, que ce soit avec l’équipe MCC à Aix-en-Provence, la communauté CVX (Communauté de Vie Chrétienne) à Lyon ou l’expérience approfondie de formation des laïcs ROC vécue sur deux ans en région parisienne. Plus largement, elle m’inspire une façon toujours nouvelle d’être reliée, à mes collègues de travail, à mes voisins, dans une amitié sociale, marquée par le désir d’apprendre à marcher ensemble, pas à pas, dans un rappel permanent de l’importance de l’écoute et de l’autre.

La spiritualité ignatienne est aussi dans mon quotidien une expérience de mise à la cape, un espace où je peux de me laisser dérouter en confiance et prêter attention aux lames de fond. Rien de tel pour laisser passer les ascenseurs émotionnels, prendre avec justesse les décisions qui composent mes journées professionnelles.

Grâce à l’attention portée à toute chose, la foi naît dans ce que je vis. Chaque instant du quotidien devient « église », une forme de paroisse 3.0, à défaut de fréquenter assidument celles d’Aix-en-Provence où je réside.

La spiritualité ignatienne, en un mot ? Un souffle qui oriente mon tempérament fonceur dans l’énergie de l’action vers le service et la reconnaissance de ce qui est essentiel.

Que vous a-t-elle fait découvrir ?

  • L’accompagnement, d’abord.
    Me placer sous le regard bienveillant d’un autre. Je dois énormément à chacune des femmes qui m’ont accompagnée au fil de mois et des années en toute liberté pour m’aider à rencontrer le Christ. Elles m’ont appris à me placer sous son regard, à faire résonner les événements qui ont de l’importance dans ma vie en tenant un fil rouge, un cap. Elles m’aident à honorer au jour le jour, ce que je reçois et donne, dans une Parole qui me fait grandir.
  • Écrire, tenir un journal de bord, ensuite.
    Car pour aller de l’expérience à la relecture, j’ai dû apprendre à écrire, puis trouver le goût de lire, pour enfin parvenir à l’exercice de relire. Cette fidélité à l’écriture au quotidien, à la semaine ou au mois est parfois difficile à tenir. Mais chaque relecture apporte son lot de surprises et une reconnaissance profonde pour ce qui émerge. Pour éloigner la peur de la page blanche, j’ai en mémoire à chaque ouverture de stylo la confiance paisible de Philippe Charru sj qui nous invitait à concevoir cet exercice comme un fruit mûr qui se décroche de l’arbre : ce qui est prêt tombera sur le papier, le reste viendra en son temps !

 

  • Le goût des aventures avec lendemain, ajouterai-je aussi.
    La spiritualité ignatienne m’a bien souvent ouverte dans la confiance à faire un pas et à dessiner des itinéraires inattendus.  Elle m’a par exemple conduite à rencontrer en Creuse en 2020 Gaël Giraud sj, économiste, à me laisser toucher en plein cœur par les enjeux environnementaux pour rejoindre quelques mois plus tard, durant 3 mois, le Campus de la Transition à Forges. Cette expérience influence aujourd’hui mon orientation professionnelle et la façon de penser nos « business model » en entreprise pour construire dans la coopération avec des objectifs communs.
    « Au Large avec Ignace ! » à Marseille ne manquera pas d’ouvrir j’en suis sûre de nouveaux horizons encore.

Pour vous, qui est saint Ignace ?

Saint Ignace pour moi est un saint et donc, de prime abord, inaccessible ! D’une autre époque, dans des imaginaires guerriers bien éloignés de ma vie provençale, nous avions peu de chances de nous rejoindre vraiment dans ce siècle.
Et puis au travers des différents visages de la famille ignatienne, des enseignants au lycée de Provence, de ceux de Sainte Geneviève en classe préparatoire, à l’accompagnement des sœurs du Cénacle en maison d’arrêt, au ressourcement auprès de la communauté des Xavières, j’ai compris que celui qui était jusqu’ici l’ami de mes amis, était devenu pour moi un homme qui questionne, un homme qui cherche, en toute chose et sans frontière. Et je suis devenue fidèle dans la prière à cet ami, pèlerin aux mille visages, dont l’esprit, le silence et la patience m’accompagnent aujourd’hui.

Pour aller plus loin