Timothée Pigé est jésuite en formation, dans la communauté de Saint-Denis la Plaine.
Il témoigne de son rapport à la spiritualité ignatienne.

Pour vous, qu’est-ce que la spiritualité ignatienne ?

Il m’est difficile de définir ce qu’est la spiritualité ignatienne « pour moi » … est-elle l’héritage d’Ignace de Loyola ? Oui, mais celui ne nous déborde-t-il pas ? Est-elle un ensemble de pratiques de relectures et de prière ? Soit, mais alors, quelles en sont les limites ? Est-elle la reconnaissance que nous appartenons à une même famille ignatienne ? Probablement… mais quelles en sont les frontières et en quoi diffère-t-elle de l’Eglise ?

Je n’arrive donc pas à définir la spiritualité ignatienne, mais ce que je peux constater, ce sont les fruits que portent cette suite du Christ dans la Compagnie de Jésus et avec tous ceux que nous rencontrons… famille du monde, famille chrétienne et/ou famille ignatienne.

Qu’est-ce que la spiritualité ignatienne vous a fait découvrir ?

La spiritualité ignatienne m’oriente. Elle m’indique un chemin à suivre : celui de la contemplation et de l’imitation du Christ. Je découvre alors que Dieu travaille dans nos vies et que je suis invité à le reconnaître pour le suivre.

L’accompagnement spirituel commencé cette année, les maraudes sur Saint Denis avec des jeunes du MEJ, les nuits passées avec des réfugiés à Calais deviennent autant de lieux, où je constate cette présence active de Dieu. Si les études m’aident à relever sa présence, parfois brève ou intense, Dieu m’attend sans cesse un peu plus loin : il me surprend et me fait avancer : à la fois maître et ami !

Cette spiritualité me met donc en mouvement : elle me montre que l’important est de vivre. Ce qui m’éclaire à la fois dans mon quotidien, où j’apprends à noter les joies et les rencontres de Dieu, et aussi dans mes choix plus importants, où l’enjeu devient alors celui de choisir celui qui mène au plus de vie. Ce n’est pas toujours celui qui me ferait le plus plaisir ou qui serait le plus facile, mais celui qui donne la vie.

Venant de l’industrie du bois, l’image des arbres me marque : on trouve des arbres partout, ils vivent souvent vieux, et sans cesse croissent en cherchant à étendre leurs racines et leurs branches dans le sol où se trouve l’eau et dans l’air où se trouve le soleil. Parfois l’arbre ne semble ni symétrique, ni droit. Faut-il s’en alarmer ? Pas forcément, il a cherché le lieu où il vivrait le plus…